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Allemagne, Hollande et Belgique ou les derniers kilomètres

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Nous voici de nouveau en Allemagne après avoir sauté d'îles en îles au Danemark et déjà les températures se sont réchauffées car nous sommes maintenant mi-avril. Etrangement le passage de frontière Danoise-Allemande déclenche chez Virginie une douleur au genou droit. D'un côté le genou gauche avait déjà donné en Italie au début du voyage si vous vous souvenez, alors pourquoi pas le genou droit maintenant…


Nous prenons donc un train qui nous emmènera jusqu'à Kiel, ville où nous attend une famille de warmshower prête à nous recueillir. La famille c'est agrandit et des jumeaux de 6 mois occupent l'espace temps du jeune couple. Nous parlons voyage et enfant, enfant et voyage! et savourons ces moments familiaux un jumeau dans chaque bras.

 

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Nous hésitons sur la route à prendre, rallier Hamburg pour prendre un train plus tard afin de soulager le genou de Virginie, continuer par la campagne et éviter les grosses villes allemandes… c'est la deuxième option que nous choisissons et nous voici à pédaler dans la campagne en se disant que ce genou n'a qu'a bien se tenir et en buvant un peu plus d'eau aussi pour les articulations.

Les journées sont paisibles, nous traversons l'Elbe en ferry entre les villes de Glückstadt et Wischafen. Nous ne souffrons toujours pas des dénivelés inexistants et le vent se calme enfin un peu. Cela faisait depuis le début du mois d'avril que nous passions nos journées à aller contre le vent. Quand cela s'arrête ça détend un peu l'atmosphère.
Qu'il est doux de pédaler, le mouvement occupe l'esprit, le maintien en vie, le rend alerte. L'infini devant nos yeux, le regard flotte dans cet espace, à l'affut de tout ce que compose la nature. Un mouvement de nuage, un oiseau ou un lapin qui gambade nous émerveille.

 

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Nous trouvons des campements dans les bois aux abords des villages. Nous baignons dans une ambiance encore très fraîche et humide qui nous tombe sur le dos en soirée. Mais c'est à ce moment là que nous observons les biches, faisans, lapins qui sortent vaillamment à l'orée du bois lorsque le soleil décline et que le danger semble s'éloigner car chacun rentre de ces occupations journalières dans son foyer chaud et douillet. Nous nous sentons en communion avec la nature lors de ces soirées d'observation dans les forêts allemandes. Ce sont des moments simples et beaux.
Notre rythme de soirée est un peu plus détendu à la sortie de l'hiver, en effet les journées s'allongent et nous ne sommes plus emmitouflés dans nos duvets à 18h00, ce qui permet quelques libertés.

 

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Nous arrivons par le Nord Est en Hollande du côté de Leer et Oldenburg. Nous suivons des canaux qui forment un réseau dense dans tout le territoire hollandais. La densité de population est plus élevée et nous avons désormais plus de peine à trouver des coins tranquilles et reculés pour camper, plus nous nous rapprochons d'Amsterdam et plus cela s'avère vrai. Mais l'équilibre est maintenu avec une compensation du nombre de camping qui lui semble plus élevé, ou bien y faisons nous plus attention… toujours est il que nous nous rabattons sur ces campings et savourons la douche chaude qui en découle.
En Allemagne nous trouvions des structures gratuites pour camping-car et la zone douche et vaisselle s'offre à vous pour un euro, royale!. Cela nous permettait de donner un coup de propre à nos habilles et à nos corps d'athlètes frileux qui se laissent moins faire face à la bouteille d'eau température ambiante.

Un jour où nous nous offrons le luxe d'une petite mousse en terrasse dans une bourgade hollandaise, un voisin de table reconnait notre locution française et nous invite chez lui, soit en haut du bar où nous avons gouter des harengs frais trempés dans de la ciboulette, un régal.
Après cette soirée en compagnie de notre compatriote fan de Franck Zappa nous reprenons nos destriers pour se confronter à un temps maussade. Ce qui met rapidement un coup au moral. La pluie et le froid nous renferment sur nous même. L'espace semble se compresser et pèse sur nos épaules. Nous nous sentons contraint en plus d'être détrempé.

 

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Mais nous continuons et finalement nous voici à Amsterdam. Et comme il y a toujours une bonne nouvelle qui enlève le voile gris sur nos épaules, la ville célèbre l'anniversaire du roi. La ville est orange, les rues sont festives pendant un week end gonflé comme la population. Les canaux sont remplis de barques  où s'improvisent des dancings flottants. Durant trois jours nous profitons de ces festivités et rentrons le soir au camping où nos jeunes voisins jouent les prolongations. Finalement nous nous étions habitués à un voisinage forestier plus silencieux.
Nous repartons direction Sud Ouest pour rejoindre la côte et éviter Rotterdam. Nous aimons les villes mais apprécions également l'isolement, le calme et nos voisins les animaux de la forêt. Nous suivons Leiden, puis Den Haag en dormant dans des campings ou dans les fourrés aux abords des plages du Nord.

 

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Cet emplacement au bord de la plage avait été choisi minutieusement pour éviter un maximum de passage. Cela tombait bien, c'est un cul de sac qui se termine par un monticule (unique dénivelé du coin) pour observer le paysage sablonneux. Nous évaluons le terrain avant de tout déballer et nous ne sommes sollicités du regard que par les lapins qui creusent leur terrier dans le sable des dunes voisines. Tout nous indique que nous serons tranquille ici. A peine la tente montée qu'un groupe d'enfant débarque pour aller jouer avec les lapins. Ils ne nous dérangent pas car ils se fichent de savoir que deux cyclistes aient choisi de disposer de ce carré de sable pour la nuit. C'est lorsqu'une voiture de patrouille s'arrêtera vers les vélos des gosses que nous retenons notre souffle, un arbuste plus gros que les autres nous dissimule à leur regard s'ils n'y prêtent pas trop attention. Trois gouttes de sueur plus tard la voiture s'éloigne. La soirée se termine avec un groupe de sportif motivé par leur coach pour monter descendre le monticule et faire des exercices sur les barres d'attaches des vélos. Décidément notre choix aura été judicieux pour assurer notre discrétion… toujours est il que la nuit tombe et la pluie avec, nous sommes bercés par les encouragements du coach, sans trop de scrupules car nous avions déjà fait notre part pour la journée.

 

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Une série de pont et un ferry plus tard nous voici vers Brielle, notre choix de route après longue hésitation est de traverser par le Nord, avec un franchissement de trois îles puis une presqu'île pour rejoindre la terre ferme et les derniers kilomètres carrés hollandais. Le vent revient nous tenir compagnie sur ces espaces de bord de mer. Nous trouvons des réserves naturelles pour logis et observons le printemps mettre au monde tous ces petits oiseaux, et mammifères. Nous suivons l'évolution de ces boules de plumes et de poil ébouriffés et maladroites au fil des kilomètres.
Mais malgré ces environnements charmeurs le moral est un peu dans les chaussettes. Nous nous rapprochons de la France et à défaut de ce que l'on aurait plus croire en entreprenant ce voyage nous sommes pressés de rentrer. La motivation n'est plus là lorsqu'il s'agit de rentrer quelque part à vélo plutôt que de voyager à vélo. Le vélo n'est pas le moyen le plus rapide pour franchir des kilomètres lorsque l'objectif principale devient le retour.


Nous poussons jusqu'en Belgique qui n'est plus si loin. Nous passons la frontière sans trop nous en rendre compte, à part peut être les pistes cyclables qui ne sont plus aussi distinguées. Le but du jeu est de rejoindre Oostende où la soeur de Virginie, son copain et sa nièce nous retrouve pour quelques jours de vacances en famille.

 

 

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Nous voici sur place et une pluie comme jamais nous accueille, nous avions prévu de camper et le ciel se dégageant par la suite nous tenons nos promesses. Après ces journées à la plage et à Brugges nous commençons à lorgner avec insistance la voiture que nous imaginons assez bien avec un porte vélo à l'arrière. La pluie reprend et nous n'avons pas envie de voir notre famille s'éloigner pour se retrouver avec notre cape grise et maussade sur les épaules. La décision se prend assez rapidement et le sentiment de déception de ne pas TOUT faire à vélo s'envole bientôt lorsque nous reconnaissons la maison familiale et que nous posons nos sacoches pour de bon.
Nous faisons donc la surprise à nos familles respectives avec ce retour un peu précipité, sans se rendre compte vraiment que ce voyage est terminé.

 

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Nous sommes rentrés un an, un mois et jour après notre départ et pourtant nous ne nous rendons pas vraiment compte encore de ce que l'on a vécu… il ne nous reste plus qu'à relire les articles précédents.



Merci de nous avoir suivi et encouragé tout au long de ce voyage!


 




28/06/2015
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