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Viet-nam

 

 

Des montagnes à la mer de Chine il n'y a qu'un pas!

 

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En effet les paysages et les émotions auront été variées durant ces quinze jours au Viet-Nam. Ce pays, un des rares dernier bastion du communisme nous aura surpris, souvent en bien parfois en mal. Nous commençons avec grand plaisir en retrouvant les montagnes, certes le Nord Est du Cambodge était quelque peu vallonné, mais dès que nous passons la frontière: "Le Tanh" ( la plus calme de tout les temps), commence la douce ascension de la région du Gia Lai jusqu'à Pleiku son point culminant. Nous faisons les montagnes russes dans ces villages vraiment différents de ceux rencontrés auparavant. Les maisons s'alignent le long de la route, dans une continuité quasi ininterrompue. Comme une bibliothèque, elles se rangent côte à côte, toutes au même format mais arborant des modes de construction différents. Une petite terrasse les sépare de la route et leur sert à faire sécher des choses en tout genre: beaucoup de baies de café au début, du riz bien sur, du soja, de la paille mais aussi plein d'autres plantes dont nous ignorons le nom. Leur place étant souvent insuffisante pour leur récolte, c'est alors la route qui fait office de séchoir. Etrange contradiction quand on voit comme ils s'emmitouflent  pour se protéger de la poussière de la route justement. Seul leurs petits yeux bridés sont visibles au travers des différents masques, foulards et chapeaux. Une vrai burqa asiatique et pourtant on devine les sourires derrière les masques, c'est d'ailleurs un vrai réconfort après notre expérience du Cambodge. On nous encourage tout au long de la route et pas seulement les enfants. Dès notre première halte, les gens s'interrogent et nous questionnent et même avec la barrière (barricade) de la langue de réels efforts sont fait pour communiquer. Pour compléter le tableau, en plus du paysage et de l'accueil, l'autre ravissement se fera au niveau des papilles. Nous dégustons mainte soupe de nouille (pho bun) au fumet délicat et ravigotant, nous savourons les rouleaux de printemps et nous nous goinfrons de petits gâteaux au green ban. Dès le deuxième jour nous tombons en extase devant une belle baguette de pain tartinée de Vache qui rit, ce n'est pas de la grande gastronomie mais nous n'avions pas vu cela depuis l'Arménie. La baguette doit être le seul héritage positif des colonies. Enfin bref, si on veut rejoindre la côte il fait maintenant descendre (ce qui est toujours un plaisir).

 

 

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Cette descente se fera donc en deux étapes, deux plateaux, donc deux pass qui offrent des vues imprenables. Le pays n'étant pas bien large nous rejoignons rapidement la côte et sa fameuse hightway numéro 1 qui relie Hanoï (Saïgon pour les intimes) à Ho Chi Ming. La réputation de cette route n'est pas usurpée, elle est par endroit atroce pour les cyclistes, elle est majoritairement en travaux et vraiment très dense en trafic. Tous les bus et camions du pays s'y trouvent et participent activement au concours du Klaxon le plus bruyant. Nous en profitons pour dire que si nous devions faire un podium des connards de la route, le Viet-Nam raflerait toutes les médailles. Dès qu'ils ont un volant ou un guidon entre les mains plus personne n'existe. La surdité doit être un fléau dans ce pays, à entendre les enfants hurler pour dire Hello, ou encore par le niveau sonore des karaokés et des musiques de mariage on en déduit aisément que la symphonie hurlante des Klaxons a fait tomber tous les cils auditifs des habitants de la route numéro 1. Nous ne savons pas vraiment qui de la poule ou de l'oeuf est venu en premier: Est ce parce que les gens klaxonnent que personne ne regarde où ils vont? Ou bien est ce parce que personne ne fait attention aux autres que les conducteurs sont obligés de klaxonner? Même les jeunes cyclistes vietnamiens, très nombreux sur la route roulent l'un à côté de l'autre sans se soucier du reste du monde. Le voyage rend patient, mais nous perdons notre calme rapidement et nous nous couchons souvent la tête en choux-fleur. C'est pourquoi nous essayerons autant que possible d'éviter cette route. Il suffit d'ailleurs de fait quelques mètres pour se retrouver sur des chemins calmes et paisibles, se repérer sur les routes de campagne vietnamiennes est loin d'être aisé mais quel ravissement lorsque le bruit de la mer se fait entendre et qu'au détour d'un virage apparait l'horizon de la mer de Chine. Même si c'était finalement pour se perdre cette petite côte vallonnée nous aura offert de somptueux paysages.

 

 

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Nous retombons donc dans un Nha nghi (hôtel) de fortune au bord de la route numéro 1. Le soir les femmes y jouent au badminton et les camionneurs nettoient leur bolides. Le lendemain nous arrivons à la péninsule de Long Thach, nous parcourons un village de pêcheurs et s'arrêtons pour une petite baignade. Etonnés de voir deux cyclistes ici, les gens viennent nous parler. Nous expliquons en dessinant dans le sable notre envie de planter la tente sur la plage. Une mamie arrive tout sourire et nous invitera dans sa maison non loin de là pour manger et dormir. Elle prend les choses en main et s'occupe de nous comme si nous étions ses petits enfants. Nous cuisinons ensemble les poissons et les poulpes qu'elle a péché ainsi que des légumes et du riz qu'il nous restait. Nous sommes envoyés à la douche pendant que cela cuit, Virginie est de corvée de lessive, et "Ma" vérifie si c'est bien rincé. Son regard aiguisé remarquera que Virginie avait remis le même pantalon et la renverra à la lessive aussitôt. Après un diné succulent et copieux (tout doit disparaitre), "Ma" ira même jusqu'à revêtir Virginie d'un de ses pyjamas favori, avec chaussette en prime pour cacher ses vilaines traces de bronzage. "Papy" fait une brève apparition et c'est l'heure de dormir car le soleil est couché (il fait nuit vers 18H00). Tout le monde s'installe dans la seule et unique pièce de la maison, "papy" dans le hamac et "Ma" sur le banc qui nous précise qu'elle veut regarder un peu la télé. Nous ne savions pas à ce moment là qu'elle la laisserait toute la nuit avec le volume à fond (nouvelle preuve de surdité). Autant dire que cela plus les moustiques nous n'avons pas dormi de la nuit mais son accueil nous aura vraiment fait chaud au coeur.

 

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On remangera du poisson et du riz au petit déjeuné avec en bonus le levé de soleil sur la plage.
Nous repartons sous une petite pluie fine dans la brume du matin calme, en direction de Quang Ngai, première vraie grosse ville que l'on rencontre sur notre parcours au Viet-Nam. Nous passerons la soirée avec Rose une canadienne qui travaille depuis 10 ans en tant que professeur d'anglais en Asie du Sud Est. Cet échange nous donne de plus en plus envie de tenter le Permis vacances travail (PVT) au Canada. Nous y resterions pendant un an, pour découvrir le pays et renflouer les caisses par exemple! mais rien n'est sur et ceci est une autre histoire…
Nous continuons notre route en direction de Hoï An, avec une étape à Tam Ky. L'espace d'une journée nous réussissons à retrouver des chemins parallèles le long de la côte, qui est des plus déserte. Il y a surement plus de tombes ici que d'habitants, mais nous nous faisons tout de même inviter à trinquer à l'alcool de riz et au poisson séché avec une bonne bande de joyeux lurons déjà bien imbibés.

 

 

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Quelques chantiers de futur Ressort commencent à apparaitre et nous devinons alors que nous ne sommes plus qu'à quelques kilomètres de Hoï An. Quand tout à coup la route s'arrête: nous arrivons au bout de la baie, le pont que nous avions prévu de prendre est encore en construction. Qu'à cela ne tienne des embarcations font la traversée. Pour un dollar nous embarquons avec nos vélos au côté des autres scooters. Cela nous permettra d'apprécier l'ancien port de la ville qui   ne manque pas de charme et est resté traditionnel. Tout le contraire du centre ville de Hoï An qui lui est devenu un nid haut de gamme pour touriste. D'énormes Ressorts tout le long de la plage, des files indiennes de tuc-tuc promenant des vacanciers mous de la cuisse, deux pas dans le marché central et on se fait sauter dessus pour nous vendre n'importe quoi à prix d'or, on se fait refouler d'un temple parce qu'on à pas le "ticket-pass-multi-visite", impossible de voir les maisons traditionnelles réputées car elles sont dénaturées par les restaurants, magasins en tout genre… bref on ne se sent pas à l'aise.

 

 

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Nous passons une nuit dans une guesthouse au calme au bord de la rivière, nous dinons dans une ruelle en arrière de la rue des restaurants chics comme dans les coulisses d'un théâtre et nous repartons le lendemain pour Danang, métropole d'affaires et de commerces certes mais bien plus réelle et sans faux semblants. La pluie commence alors à devenir plus constante et ne nous quittera plus jusqu'à la fin de notre parcours au Viet-Nam. Nous prenons de sacrées douches, nos vestes gore-tex ne résistent pas bien longtemps et nous sommes rapidement trempés jusqu'aux os. Nous en profiterons pour visiter le musée de Cham, un bon nombres de sculptures (enfin celles qui ne sont pas volées par les français) nous dévoilent un style iconographique jusque là inconnu de nous. Les traces d'un empire très ancien qui n'a rien à envier à ces voisins d'Angkor et fait l'apologie de la puissance maternelle en prenant comme symbole le sein nourricier (de belle frise de nibards).

 

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L'Hai Van pass qui surplombe le golf de la ville de Danang nous offre une vue magiquement brumeuse sur la côte en contrebas. Au sommet nous distinguons à peine un ancien fort et sa tourelle qui trône au milieu des nuages et nous pouvons alors redescendre gentiment du côté de Lang Cô, une bourgade reliée par un pont, implantée à la pointe d'un bras de terre.

La route reste vallonnée mais avec quelques efforts et un vent dans le dos nous feront les 120 km qui nous séparent de la ville de Hué. Même en poussant fort sur nos pédales, le petit pass de 500 mètres du matin nous aura bien occupé. La nuit tombe et Yorgos également lorsqu'un scooter le fauche en voulant se garer. Plus de peur que de mal mais beaucoup d'énervement contre ces conducteurs désinvoltes. Heureusement que la conductrice en l'occurrence ne comprenait pas le français, car elle a eu droit à de beaux noms d'oiseaux !  
La ville de Hué est réputée pour sa citée impériale que nous visiterons le lendemain. Une immense citadelle trône au centre de la ville, bombardée à tour de bras par les chinois, français et américains. Reconstruite autant de fois qu'il le fallait, la citée impériale se dresse au milieu des habitations et temples qui habitent cette citadelle. La citée reste humble mais fourmille de détails intéressants, à l'époque la magnificence se caractérisait plus par la grandeur que par la hauteur.

 

 

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En effet c'est par la superficie qu'elle occupe dans la ville et par les espaces libres qu'elle déploie entre les différents monuments qu'on appréhende le côté impériale de la dynastie des Nguyen.
Voici notre dernière journée à pédaler sur la route numéro 1 car nous prévoyons de rejoindre le Laos en bifurquant à partir de la ville de Dong Ha. Après une dizaine de kilomètres nous nous arrêtons dans un café car la pluie pointe le bout de son nez, mais il ne suffit pas d'attendre que cela passe comme nous le faisons au Cambodge, ici lorsque ça commence ça ne fait que s'intensifier. Cette averse là ne nous quittera pas de la journée c'est donc rincé et plus que rincé que nous arrivons à Dông Ha avec une odeur de chien mouillé qui s'installe car les habilles peine à sécher entre les étapes.
Nous prenons pleine Ouest et c'est en deux jours que nous allons jusqu'au point de frontière de Lao boa avec le Laos. Nous quittons le pays d'une manière agréable en traversant les montagnes qui nous l'avaient fait aimer au départ.
En résumé nous avons vraiment apprécié le Viet-Nam, même s'il n'est pas toujours évident de circuler si l'on veut rester sur la côte. La petite distance que l'on a parcouru (par rapport à l'envergure du pays) nous aura permis d'apprécier la diversité des paysages et l'ambiance qu'il règne aussi bien dans les villes que dans les villages. Le Viet-Nam n'était pas du tout prévu au programme mais ce fut une très belle surprise pour nous.

 

Voici donc notre parcours dans ce pays, d'ailleurs si vous le souhaitez toutes les cartes sont répertoriées  et pour plus d'images c'est  ici !!  

 

 

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Sabaidee à tous depuis Thakhek au Laos!!

On vous embrasse bien fort!


 



   



23/11/2014
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